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Le café Maréchal sur le port

Publié le par chercheur d'histoires

Le café Maréchal sur le port

Il n'y a plus que quelques rares vieux pontaveneux à s'en souvenir aujourd'hui, et

pourtant voilà encore l'un des établissements "culturels" qui contribuèrent à la splendeur

de la cité des peintres de la première moitié du XXe siècle.

marechal-.jpg

Dans un article publié dans la revue Le Yacht de janvier 1913, un voyageur anglais

de passage à Pont-Aven écrivait:

... Il y a plusieurs années cette petite ville fut découverte par une pléiade d'artistes...

Ma vieille amie, Mme Maréchal m'accueillit dans son café du quai, avec autant

d'affabilité que sa sœur dans son hôtel ( Il parle de Julia Guillou). Après avoir pris une tasse de thé, nous parlons de Pont-Aven et de ses habitants. C'est une femme

remarquable; son café est très fréquenté par les artistes jeunes ou vieux, bons ou

mauvais,, car, outre qu'elle est un infaillible critique d'art, Mme Maréchal est une

narratrice au récit dramatique, capable de faire passer son auditoire du rire aux larmes.

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Dans un ouvrage publié en 1973, l'abbé Tuarze, recteur de Pont-Aven nous apporte

quelques précisions sur cet établissement.

Dressant la liste des peintres ayant séjourné antérieurement à Pont-Aven il poursuit :

Le dernier "salon" de leur peinture a subsisté jusque ces dernières années chez

Georgette Maréchal (la fille adoptive de Mme Maréchal) et on en retrouverait tous les

vestiges parce que sa collection, à son décès, a été dispersée sur Pont-Aven ...

Il poursuit en citant les noms des principaux peintres de la collection dispersée :

Sommerset, Connoway, Robinson )

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J'ai pris cet exemple du café Maréchal car totalement oublié aujourd'hui. J'aurai

pu également citer les établissements de Julia Guillou, de Marie Jeanne Gloanec,

de Julia Correlleau, ou plus tard celui de Mme Guillerm et, le dernier: celui de Fanny,

ou encore l'hôtel de Bretagne et son café des arts, de Mr et Mme Pelletier, disparus vers 1900.

Ceux sont eux et certainement d'autres célèbres habitants oubliés qui ont fait l'image si particulière du "Pont-Aven"  que l'on vante si bien aux touristes.

Aujourd'hui il est où ce centre "international" culturel créé et animé par

les anciens habitants des lieux ? Dans les boutiques touristiques, dans l'établissement culturel communal totalement fonctionnalisé, au sein de la secte du christ jaune ?

Où ?

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J'ai émis l'idée, ici même, de créer un cabinet de curiosités, articulé autour d'une bibliothèque de la mémoire locale (à reconstituer), animé par des habitants (au sens large du terme) dans le but, entre autres, d'initier à l'art un public à la manière d'autrefois, c'est à dire pour moi, celle dans laquelle j'eus le privilège de baigner. 

Un cabinet dans lequel serait retrouvées, préservées et transmises, les recettes de la réussite culturelle de l'ancienne cité des peintres aujourd'hui en totale décadence.

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Le cabinet de curiosités (p4/4)

Publié le par chercheur d'histoires

Le cabinet de curiosités (p4/4)

Cette bibliothèque aurait dû voir le jour il y a 50 ans et il faudrait bien du temps et de la volonté avant qu’elle puisse retrouver toute la mémoire du pays afin de jouer le rôle qui lui serait imparti. L’intégrer dans un cabinet de curiosités reste un défi encore plus grand mais tellement excitant.

C’est dans ce cabinet que trouveraient leur place les costumes anciens collectés par l’association Pont-Aven, patrimoine et Culture par exemple. C’est en ce lieu que pourraient enfin être conservées les archives des associations de Pont-Aven aujourd’hui dispersées ou disparues. La mémoire de Pont-Aven, c’est aussi sa mémoire photographique, sa mémoire culinaire etc. C’est l’histoire de ses monuments et de sa rivière , celle de la vie glorieuse de ses meuniers, de ses commerçants et de tous ses habitants depuis des siècles.

Ce qui manque aujourd’hui le plus c’est une conscience collective de l’intérêt de recréer un lieu qui serait unique en Bretagne, dans l’esprit des habitants qui ont façonné l’image mythique de Pont-Aven. Un espace où la vie culturelle participative, animée par des associations, aurait autorité sur la dominance officielle.

 Cette courte réflexion personnelle ne peut être que l’amorce d’une très longue période de débats ouverts à tous et dans lesquels le devenir du musée serait naturellement intégré. L’association Pont-Aven, Patrimoine et culture, aujourd’hui moribonde, peut trouver un nouveau souffle dans ce processus de réflexions. Avec les petits moyens dont elle dispose, elle peut continuer à participer et encourager les animations liées à la mémoire locale. C’est peu mais tellement indispensable pour que l’esprit et l’identité des habitants ne soient pas définitivement sacrifiés sur l’hôtel de la culture touristique étatisée.

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Le cabinet de curiosités (p 3/4)

Publié le par chercheur d'histoires

Le cabinet de curiosités (p 3/4)

Comment recréer l’un de ces établissements mythiques et le faire vivre ?

En commençant par le commencement c’est-à-dire constituer  

La grande bibliothèque de la mémoire de la commune et de ses habitants.

Les connaissances des anciens habitants, leurs mémoires si riches, ne se transmettent plus depuis longtemps d’une génération à l’autre. Heureusement, la mémoire écrite, même si elle ne peut totalement remplacer la transmission orale, peut y pallier. 

J’ai une longue expérience en la matière, et je peux assurer ici que la mémoire écrite de

Pont-Aven est du domaine de l’exceptionnel pour une si petite ville.

Une bibliothèque est constituée d’ouvrages, de manuscrits, de vieux papiers, et j’en passe.

J’y vois déjà le long rayonnage réservé à Rustéphan : et c’est là que la restauration de ces ruines prend tout son intérêt culturel, Rustéphan devenant une annexe de la bibliothèque, un ouvrage vivant que l’on puisse apprendre les leçons d’Histoire, d’Architecture et de Droit contenus dans ces vieux murs aux décors de légendes.

J’ajouterais, sur le ton de la boutade, que de se targuer d’avoir des attaches culturelles avec Pont-Aven exige au minimum d’être attaché à ces ruines de Rustéphan.

J’y vois également une grande salle réservée à Botrel. Un espace d’études, de réflexions et de discussions sur le personnage et son œuvre aujourd’hui galvaudés.

Cette bibliothèque donnerait accès, entre autres, aux nombreux ouvrages de la Villemarqué. Elle serait par destination forcément rattachée au centre de documentation du musée riche de très nombreux ouvrages sur les peintres.

------------------------------------------------------ A suivre demain --- 

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Le cabinet de curiosités (p2/4)

Publié le par chercheur d'histoires

Le cabinet de curiosités (p2/4)

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- Le cabinet de curiosité aux multiples vertus. Je l’ai découvert chez Correlleau dans un ensemble d’objets et de tableaux collectés par Julia. Chaque pièce ayant une histoire, un intérêt et un sens particuliers correspondant à l’esprit et la mémoire artistiques de la maîtresse des lieux. Un ensemble qui faisait appel à la curiosité d’un public en soif de culture, menant à la discussion et aux débats culturels improvisés.

La Pension Gloanec, l’Hôtel des Voyageurs, l’Auberge Linthillac, et plus tard le Café Maréchal sur le port, où encore les intérieurs de vieilles demeures du Pont-Aven, voilà d’autres illustres exemples de cabinets de curiosités.

Tout cela disparu, Pont-Aven n’est plus que champ de ruines et vallée de larmes.

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 - Le public  si précieux dans l’histoire de la cité des peintres.

Il s’est volatilisé avec la disparition de ses lieux de culte. Comment donc aujourd’hui lui redonner la place, le rôle et la fonction qui sont historiquement les siens?

Il lui manque un lieu adapté pour s’épanouir à nouveau. Il faut reconnaître qu’il serait utopique de proposer d’ouvrir des bistrots dans l’esprit d’antan.
Il reste donc à imaginer le moyen de reconstituer un cabinet de curiosités « à la mode de Pont-Aven », c’est-à-dire hors circuits officiels, ouvert à tous, où chacun puisse librement comme autrefois dans les anciens lieux de culte, apprendre à être curieux, développer sa sensibilité culturelle, affiner son indispensable jugement critique envers les arts, échanger et partager ses connaissances culturelles et s’exprimer librement.

Remettre en quelque sorte au goût du jour de vieilles recettes qui ont fait leurs preuves, en recréant l’équivalent des anciens bistrots : une véritable école pour de futurs amateurs d’art.

Lorsque l’on fait des études supérieures, ce n’est pas en passant de l’école primaire directement à l’Université que l’on y arrive. Dans le monde de l’Art c’est la même chose, d’où l’indispensable étape de ce cabinet : lieu d’études et de découvertes délivrant le ticket d’accès à la CULTURE et aux musées.

C’est en fréquentant les lieux de culte de Pont-Aven depuis plus de 50 ans que j’ai compris qu’ils étaient fréquentés par un public hors normes et curieux, et que c’était vers ce monde à part que la cité pouvait retrouver ses marques historiques, l’identité culturelle de son image, sa véritable originalité.

----------------------------------------------------- A suivre demain --- 

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Le cabinet de curiosités (p1/4)

Publié le par chercheur d'histoires

Le cabinet de curiosités (p1/4)

L'association : Pont-Aven, Patrimoine et Culture

Lors de la dernière réunion du bureau en mars 2010, la discussion porta sur l’avenir de l’association. En toute logique, le pessimisme manifesté par les présents devrait mener cette association à se dissoudre. A Pont-Aven, il n’y a manifestement plus de place pour la mémoire, la culture et le patrimoine commun des habitants. Plus donc de place pour une association qui avait pour objectif de préserver ces valeurs essentielles, le pays tout entier ne sachant plus penser qu’au travers " du tourisme ".

Cependant, malgré le découragement général nul ne souhaitait sa disparition.

Dans ce contexte, il fut convenu que Gérard BERTHELOM, se prévalant « de racines et attaches Culturelles profondes avec Pont-Aven », expose par écrit sa vision du devenir de cette association, afin que chacun puisse y réfléchir .

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L’exposé de Gérard BERTHELOM :

De 1986, date de la création de l’association jusqu’aux débuts des années 1990, les manifestations culturelles qu’elle organise périodiquement accueillent entre 5000 et 7000 visiteurs.

Une exposition de qualité équivalente présentée en été 2009 par une autre association sur le thème : Le port de Pont-Aven (thème, endroit et durée identiques), n’accueillit qu’environ 200 personnes intéressées.

Depuis 10 ans, j’expose des photographies anciennes et autres documents sur la mémoire des habitants à la maison de retraite locale. Durant cette période, le nombre de visiteurs s’est divisé par 10. Il y a de quoi être découragé mais ce n’est pas une raison pour baisser les bras, bien au contraire.

Mes racines et attaches profondes avec Pont-Aven résultent de 50 années d’un vécu culturel dans ce lieu où, génération après génération se transmettaient et se partageaient des connaissances, des savoirs  penser et savoir vivre autrement. Les lieux privilégiés de transmission et de partage étant les célèbres bistrots et auberges du pays. Des lieux mythiques que je qualifierais ainsi :  « cabinets de curiosités » où l’on s’enivrait de culture.

Pont-Aven fut longtemps une école d’éducation, principalement picturale, du PUBLIC, une qualité incrustée dans la mémoire des lieux.

C’est au travers de ce public que je m’identifie et c’est vers lui que porte ma réflexion sur le devenir de Pont-Aven et de ses associations culturelles.

---------------------------------------------------------- A suivre demain ---

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Le vrai ministre de la culture débloque

Publié le par chercheur d'histoires

Le vrai ministre de la culture débloque

C'est annoncé dans le journal, le ministre de la culture devrait débloquer du pognon pour agrandir le musée de Pont-Aven. Il assure que " les musées sont des lieux vivants, innovants, stimulants où l'on s'instruit, où l'on rêve aussi, convaincu que le XXIe siècle sera celui des musées donnant à chacun l'accès à la culture ".

Il débloque, vous ne trouvez pas ? Il n'a certainement jamais mis les pieds dans la

dépouille de l'ancienne cité des peintres, se contentant de croire les sornettes des initiateurs de ce projet débile.

Il veut jeter de l'argent par les fenêtres de l'hôtel de ville de Pont-Aven, mais dans l'intérêt de qui ? certainement pas celui des victimes : je parle des habitants qui ne bénéficieront d'aucune retombée de cette manne. Une fois de plus, seuls quelques loueurs de galeries pourront se frotter leurs mains sales

A force d'exploiter touristiquement Pont-Aven de façon intensive, ses sols sont arides et le pays n'est plus cultivable, mais le ministre ne le sait sans doute pas.

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1985

Publié le par chercheur d'histoires

1985

1985 : Année faste pour Pont-Aven, avec l'inauguration du nouveau musée municipal,

mais dramatique pour la très grande majorité des habitants à l'exception d'un petit clan de nantis.

Des auto-proclamés artistes peintres commencent à squatter "à prix d'or", les commerces de proximité du centre ville. Dès 1986, il est vendu plus de tableaux dans la cité que dans les 40 années précédentes. Très rapidement en rupture de stock, ces marchands de peinture sont obligés de produire industriellement de la marchandise.  ils vont donc devoir embaucher du personnel. Tout bénéfice pour Pont-Aven non ?

Les collectionneurs de tableaux de Pont-Aven seront ainsi accueillis dans les nouvelles Galeries d'Art par de charmantes hôtesses ... présentes de 10h à 20 h tous les jours, 7jours/7 et 12 mois/12, et, pour les mieux payées, au SMIC à mi-temps.

C'est comme cela que Pont-Aven inventa l'esclavage moderne.

Je me souviens de rencontrer l'une d'entre elles en pleurs dans la rue : une saisonnière non déclarée comme la plupart à cette époque, à qui un grand artiste du futur avait promis une commission sur les ventes des tableaux (2% en cas de règlement par chèque, 4% en cas de règlement en espèce) En fin de contrat des deux mois d'été elle avait gagnée 20 000 frs. A son départ, son employeur, pour règlement de tous comptes lui proposa non pas de l'argent mais de choisir deux tableaux de sa production. La pauvre, vivant en difficulté avec un enfant à charge ne s'y attendait pas, mais voilà, à Pont-Aven on ne discute pas avec un maître de la peinture.

Et pendant ce temps là, les loueurs de galeries se frottaient les mains.

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imaginez la scène

Publié le par chercheur d'histoires

imaginez la scène

Le maire de la cité, élevé au grade de ministre de l'inculture, porté triomphalement dans l'arène par les membres de la secte du christ jaune foulant le sol jonché des cadavres des anciens habitants de la ville, et applaudi par une cohorte de touristes plus piteux les uns que les autres.

C'est la vision d'un tableau allégorique du devenir proche de la cité des peintres. Il aurait certainement une place d'honneur aux cimaises du musée municipal, non ?

Qui a dit qu'il n'y a plus d'imagination dans ce bourg ?

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Emil

Publié le par chercheur d'histoires

Emil

Qui ne connaît pas Emil * à Pont-Aven ?

Je reprends ici l'extrait d'une lettre écrite par Fernand DARAGON, un peintre des folles années 1960 à Pont-Aven :

" Je l'ai connu traînant dans la misère, mendiant et chapardant, passant plus de temps en prison qu'à l'air libre. Je l'ai trouvé un jour, rue Jeanne d'Arc (nous sommes à Tahiti), dans un coin de garage désaffecté, accroupi, il promenait sa brosse, qu'il trempait dans des petites boites de peinture laquée, sur des feuilles étalées à même le sol. "

Le pauvre, il n'avait pas eu de chance dans la vie, infirme, abandonné par son père à la naissance, élevé par une " très jeune " mère vivant dans la misère, il ne profitera jamais de la gloire de son illustre géniteur.

 Le seul héritage que ce dernier lui transmit : il l'avoua  à Daragon :

" c'est sa syphilis "

* à ne pas confondre avec son demi-frère : Emile GAUGUIN.

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Lu dans le journal

Publié le par chercheur d'histoires

Lu dans le journal

Les saboteurs* font des émules. Cette semaine, 15 panneaux "d'interdiction" ont fait l'objet d'un concours improvisé d'un lancer dans l'Aven : la révolte gronde.

De mon temps la tradition était de jeter des pièces jaunes dans cette rivière. Il y a encore peu, c'était le canal d'amené du moulin du Grand Poulguin qui servait de réceptacle à cette manne, et, fin d'été, avant que les eaux ne remontent, la monnaie se ramassait à la pelle. C'est fini, la crise est passée par là.

* saboteur = lanceur de sabots

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